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L’accouchement a longtemps été une affaire de femmes. C’est parait-il vrai pour tous les peuples. Mais si en France, l’apparition des hommes accoucheurs a commencé dès le  XVIIème siècle, la présence des pères dans les salles de maternité est elle beaucoup plus récente : elle ne s’est, en effet, développée que dans les années 70, poussée par le grand vent de liberté qui a marqué cette époque.

Une étude du CIANE (Collectif Inter Associatif autour de la Naissance) et l’association Césarine basées sur les réponses de 29 000 femmes, montre que cette présence va désormais de soi pour les accouchements par voie basse : 99% des femmes interrogées souhaitent que le père de leur enfant (ou parfois une autre personne) soit auprès d’elle lors de l’accouchement. Et, dans les faits, 98% des femmes qui souhaitaient être accompagnées le sont.

Si ces chiffres sont rassurants certains points pourraient néanmoins encore être améliorés, certaines femmes font en effet valoir, qu’après avoir été accepté, le père peut ensuite être renvoyé chez lui parce que le travail risque d’être long. La femme reste alors seule, livrée à elle-même, ce qui peut être parfois très angoissant : “il n’est pas acceptable que l’accompagnant soit « mis dehors » au motif que l’accouchement va encore prendre un long moment, alors même que la femme souhaite sa présence et que les soignants ne sont pas disponibles pour elle. Il devrait même pouvoir être proposé au père un matelas ou un lit pliant de sorte qu’il puisse passer la nuit si nécessaire sur place“ soulignent les auteurs de l’enquête.

La situation reste aussi mitigée lorsque l’accouchement se fait par césarienne. Lorsque celle-ci est programmée la présence du père n’est plus souhaitée que par 77% des femmes. Pourquoi ? L’enquête ne donne pas de réponses. Les femmes redoutent-elles le regard que leur mari ou compagnon pourrait poser sur elles et dans ce cas pourquoi davantage lors d’une césarienne que lors d’un accouchement par voie basse ? Ou les femmes ont-elles intériorisées le désir des équipes médicales qui souvent préfèrent laisser le père à l’extérieur ?

Dans les faits, lors d’une césarienne, seuls 26% des pères sont présents dans le bloc opératoire et 5% assistent à l’opération derrière une vitre.

Et après la césarienne, la famille est réunie en salle de naissance ou de réveil dans un cas sur trois seulement. Dans 40% des cas, le père et le bébé sont ensemble et la mère reste seule. Et dans 13% des cas, tout le monde est séparé. Des situations pour certaines personnes peuvent être traversées de façon douloureuse…

Le CIANE assure que lorsqu’elle est souhaitée la présence des pères est favorable au bon vécu de l’accouchement et au lien parents-enfants. Et que les pratiques de renvoi des pères chez eux ou de ne pas les accepter dans le bloc opératoire “tiennent plus aux habitudes des équipes qu’à des justifications médicales“. Dans ce contexte, l’association encourage vivement les parents à discuter avec le personnel des maternités et à exprimer ce qu’ils souhaitent pour, à terme, faire évoluer pratiques et protocoles.

Nathalie Mlekuz

 

 

La reprise en mains par les médecins

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